L'influence de la musique
Un phénomène physiologique


I) Un phénomène physiologique
A) L'anatomie de l'appareil auditif
B) L'oreille en fonctionnement




Conclusion


       La musique, bien qu’à raison considérée comme un art, est plus sommairement une succession organisée de sons, et le son est lui-même une simple onde sonore, une vibration de l’air que l’homme peut percevoir grâce à un système auditif perfectionné, un ensemble d’organes complexes, sans doute un des plus complexes du corps humain.


A)L’anatomie de l’appareil auditif


  1)L’organe auditif

      L’organe auditif est traditionnellement divisé en trois parties : oreille externe, moyenne et interne.

      a.L’oreille externe

      Elle est tout d’abord composée du pavillon ou pinna (du latin « feuille »), qui peut être orienté –et l’est le plus souvent inconsciemment- afin de focaliser la réception auditive vers une source précise. Sa mobilité a toutefois été réduite durant l’évolution de l’homme. Le pavillon est cependant toujours utile car il amplifie de quelques décibels les fréquences voisines de 5 kHz.

      Le pavillon ouvre sur le conduit auditif externe (ou canal auriculaire) qui canalise les vibrations sonores vers le tympan. Le canal auriculaire, composé de parois cartilagineuses pour les deux tiers externes et creusé dans l’os temporal pour son tiers le plus interne, amplifie également de quelques décibels les fréquences entre 2.000 Hz et 7.000 Hz.


Son à une fréquence de 2000 HZ :   
5000 HZ :                                    

7000 Hz :                                    


      b.L’oreille moyenne (ou caisse du tympan)

      Le son canalisé via la partie de l’oreille externe arrive au tympan, membrane mince, d’environ 0,1 mm, et translucide, composée dans sa partie externe (vers l’oreille externe) de peau et d’une muqueuse dans sa partie interne. Le tympan étant incliné de 45° par rapport au conduit auriculaire, il a donc une surface plus grande que la section de ce conduit, afin évidemment d’offrir une plus grande sensibilité lors de la mise en vibration. Il a également une forme de cône dont le sommet est orienté vers l’intérieur.

      Les vibrations du tympan sont ensuite transmises par une chaine de trois os (les plus petits du corps humain) : le marteau, dont la « poignée » est rattachée au tympan, lié à l’enclume par une articulation peu souple, préservant la transmission du son, cet os étant lui-même rattaché à l’étrier, dont la base, ou platine, est reliée à la fenêtre ovale de la cochlée, organe de l’oreille interne.

      c.L’oreille interne

      L’oreille interne est divisée en plusieurs parties : le labyrinthe osseux, et le conduit auditif interne qui livre passage aux nerfs, notamment auditifs.

      Le labyrinthe osseux, système de canaux creusés dans l’os, comprend lui-même plusieurs éléments, dont les récepteurs de l’équilibre, et des organes intervenant dans l’audition. Il est séparé au niveau de la cochlée en deux parties, les rampes tympanique et vestibulaire, entourant une partie du labyrinthe membraneux, qui contient véritablement les cellules ciliées qui transforment le son en impulsion nerveuse. Ces deux rampes sont remplies d’un liquide appelé périlymphe et communiquent eau niveau de l’apex (« sommet » de la spire) de la cochlée, en un point appelé hélicotrème. Le canal cochléaire fait quant à lui partie du labyrinthe membraneux, et se situe entre les deux rampes ; elle est empli d’endolymphe. Le canal cochléaire contient également l’organe de Corti, dans lequel se trouvent les cellules ciliées, récepteurs de l’audition.

      Les vibrations sonores sont transmises à la cochlée par la vibration, d’avant en arrière, entre 16 Hz et 20 kHz, de l’étrier dans la fenêtre ovale reliée à la rampe vestibulaire. Selon la fréquence de vibration, les cellules sensorielles mobilisées sont différentes : plus la fréquence est élevé, plus les cellules activées seront proches de la base de la cochlée. Au contraire, plus les fréquences sont basses, plus les cellules activées se situent près de l’apex.

      L’organe de Corti est l’organe sensoriel de la cochlée, il est composé des cellules sensorielles ou cellules ciliées, internes et externes, des fibres nerveuses qui leur sont connectées et des structures annexes ou de support. Lorsque le son parvient à la cochlée, les vibrations transmises à la périlymphe font osciller la membrane basale sur laquelle reposent les cellules ciliées. Ce mouvement entraîne un déplacement des cils de CCEs (Cellules Ciliées Externes), reliés à la membrane tectoriale, qui laisse entrer dans la CCE des ions K+ (potassium), fortement présents dans l’endolymphe. Ce phénomène crée une polarisation de la CCE entraînant en réponse une contraction qui conduit à l’amplification active du son. Le mouvement de la membrane basale ainsi amplifié entraîne alors un contact entre les CCIs (Cellules Ciliées Internes) et une partie de la membrane tectoriale. Le basculement des cils vers l'arrière déclenche alors la transmission nerveuse via le nerf auditif.

  2)Les voies neuronales auditives

      Grâce aux techniques actuelles, les
voies neuronales précis impliqués dans la perception de la musique sont assez bien connus, mais leurs rôles spécifiques sont encore mal déterminés.
      L’aire auditive du cerveau humain est située sur le sillon de Sylvius (1). Toutes les informations issues de la cochlée transitent par le ganglion spiral (au centre de la cochlée) et le nerf auditif, pour aboutir au gyrus de Heschl (3, en orange). Il existe cependant des voies dites primaires et non primaires, ne traitant pas le même genre d’information. Ainsi, l’hémisphère droit du cerveau est impliqué à une analyse globale de la musique : cela permet de reconnaître des œuvres connues ou d’associer une émotion à la musique perçue ; l’hémisphère gauche en revanche permet une analyse plus poussée et plus rigoureuse de la musique : son rythme, sa mélodie ou son harmonie. L’hémisphère gauche est généralement plus développé chez les musiciens.