La transe est une modification de la conscience hors de l’état de veille, de sommeil, ou de rêve. Elle se manifeste physiquement par des comportements très spectaculaires qui peuvent être spontanés, provoqués, ou simulés. La transe est provoquée par la drogue, les produits hallucinogènes pour tenter de se dépasser et d’accéder à une autre réalité.
Et qu’en est-il de la musique, peut-elle nous faire rentrer en transe ?
La musique est constituée de composantes acoustiques (qui ne sont autres que des quantités d’énergie qui déclenchent des impulsions électriques dans l’oreille interne) se propageant vers le cerveau sous la forme de trains d’ondes parfaitement identifiables. Ces trains d’ondes empruntent différents circuits nerveux pour être analysés, identifiés et comparés par le cerveau. A leur passage, les trains d’ondes dépolarisent les circuits nerveux qui doivent alors se restaurer pour pouvoir recevoir les ondes suivantes.
Si la fréquence est trop grande, certains circuits n’ont pas le temps de se reconstituer avant l’arrivée des nouvelles ondes, le circuit finit alors par se bloquer : ce phénomène est appelé la tétanisation. Suite à ce blocage, certaines parties du cerveau se coupent du monde extérieur qui cesse d’être perçu. Pendant ce temps, le cerveau droit émotionnel continue à être stimulé par des battements qui sont des plus intenses. La transe serait donc un état de conscience altérée où le cerveau intellectuel est perturbé car il est coupé du monde extérieur, et le cerveau émotionnel excité au maximum.
La transe s’observe lors des cérémonies chez les "primitifs", lors d’audition de musique rock, techno, tam-tam, lors des rassemblements de jeunes provoqués par l’effet de groupe, sans oublier qu’elle peut aussi être provoquée par la drogue. En ce qui concerne la musique, de façon générale, elle s’observe lors de l’audition de musiques ayant un tempo au-delà de 90-100 temps forts par minute, où elle excite et exalte au point de produire la transe.
Une personne qui cherche à entrer en transe doit trouver une musique qui lui correspond personnellement, mais on retrouve majoritairement le tempo de 133 battements par minute.
Voici un exemple de musique "trance", à 133 b/min (appuyer sur ECHAP pour sortir du mode plein écran) :
L’état de transe peut aboutir à l’orgasme avec stimulation du centre hédonique et sécrétion d’enképhalines. Ces derniers sont des neurotransmetteurs découverts dans les années 1970, petites protéines libérées par les neurones lors d’une sensation douloureuse trop intense. Leur principale fonction est de moduler le message nerveux qui produit une réduction de la douleur et de la quantité de dopamine. Elles interviennent donc dans la variation de l’intensité du plaisir. Ces protéines ont cependant une durée de vie de quelques minutes car elles sont rapidement dégradées par des enzymes présentent dans la salive.
2) « La musique adoucit les mœurs » ?
Il s’agit maintenant de réfléchir autour du proverbe « La musique adoucit les mœurs ». En commençant par rechercher la signification des différents termes composant la citation dans un dictionnaire, nous trouvons tout d’abord qu’adoucir vient du latin ad : à et dulcis,is : doux et signifie rendre doux et que mœurs vient du latin mos, moris : mœurs, coutumes et signifie habitudes, naturelles ou acquises, relatives à la pratique du bien ou du mal ; ensemble des usages d'un individu, d'un groupe ou d'une espèce animale. Le proverbe français «la musique adoucit les mœurs » laisse supposer que la musique a un double effet dans le sens où c’est un bon moyen pour supporter notre quotidien en nous rendant plus calme et apaisés, et nous aide de ce fait à être moins agressif envers les autres. Ce va et vient apparaît particulièrement intéressant et incite donc à l’écoute de la musique.
Nous avons vus précédemment que la transe pouvait être provoquée par l’écoute d’une musique aussi bien que par la consommation de drogue et de produits hallucinogènes. Cette écoute doit donc être faite dans une juste mesure car la transe nous a prouvé que la musique pouvait mettre l’homme dans un état second et le rendre violent. Ces dernières données montrent donc un côté néfaste de la musique ce qui contredirait alors cette citation. Cependant il ne faut pas oublier que la transe, bien qu’elle puisse entraîner de lourdes conséquences pour l’équilibre mental et pour la santé physique lorsqu’elle est pratiquée trop souvent, ne peut pas être considérée d’emblée comme néfaste, cet état étant recherché dans de nombreuses religions africaines et asiatiques. De ce point de vu, les personnes recherchant la transe considèrent peut-être qu’ils adoucissent leurs mœurs.
Au regard de cette étude nous pouvons donc réaliser que la musique, omniprésente dans notre société, n’est pas perçue de la même manière par le corps humain suivant la civilisation et la culture d’où provient l’individu ainsi que suivant l’individu lui-même : c’est ce qu’exploite le principe de l’almagramme. Les effets de la musique sur le corps humain divergent donc selon le vécu personnel de l’individu, le vécu de ses ancêtres mais aussi le volume de la musique et le contexte ; ces effets varient significativement selon que l’on est isolé ou en groupe, seul dans sa chambre ou au milieu d’un regroupement de jeunes.
Il faut donc apprendre à se méfier de la musique, qui, bien que des études aient prouvé ses bienfaits à tous niveaux, peut être dangereuse et peut nuire à l’homme, si elle ne lui est pas adaptée.
Le fait de jongler avec les caractéristiques musicales peut ainsi influencer considérablement la personne qui écoute la musique ainsi conçue ; les réactions seront, dans certains cas touchant à la sensibilité supposée du groupe social visé, assez similaires chez tous les auditeurs, mais cependant personne n’est en mesure de prévoir exactement les réactions précises d’un individu, isolé du groupe soumis à cette musique.
La musique peut alors être perçue comme un outil performant, dans plusieurs domaines, parfois très éloignés les uns des autres.